Pierre-André Julié est médecin. Avec sa femme Corinne, il a partagé les dernières années de la vie de Stani Nitkowski.
Pierre-André Julié prononçait ces quelques mots à l’occasion de la messe d’enterrement de Stani.

 

Ce jour funeste du 5 avril 2001. Tous présents à l'église de Saint-Georges-sur-Loire, au milieur de son chemin de croix, hélas, hélas... lui absent définitivement... Intolérable... Intolérable redoublé. Il y a trois semaines, c'était son fils Flavien que vous enterriez après l'accident...
Brutalité brute...
Nous ne savons jamais quelle sera notre dernière rencontre. Il y a rencontre un point c'est tout ; et avec Stani c'était rencontre ou rien.
Stani a décidé dans la nuit du 1er au 2 avril 2001. Et les eaux se refermèrent...
Immense aventure de dessinateur, de peintre, de créateur dionysiaque. Homme des bois qui savait faire la part du feu.
Homme, d'une humaine humanité. Poète, c'est la même chose.
Il y a des rencontres qu'il nous faut saisir car elles apportent la Nouveauté, le hors cadre, car elles nous font Autre, exaltant le meilleur de nous-même. Avec Stani, c'était succession d'éruptions bénéfiques de cet acabit. Je peux en témoigner après 10 ans de compagnonnage d'amitié. Il en reste une musique indélébilement gravée.
Et maintenant. Silence. La révolte. La peine, le désespoir tout en creux. Je pense particulièrement à toi Martine, à toi Anaïs, à vous Alban, Raynald, Ludovic, à vous Madame Nitkowski, mère de Stani et à votre mari, à toute votre famille.
Stani aimait les chansons de Brassens, celle du radeau de la méduse... si l'un manquait à l'appel, ils étaient nombreux à l'appeler... et longtemps, longtemps à faire vibrer la surface de l'eau ou il avait disparu.
Faisons cela.
Beaucoup vous reconnaîtrez cet homme qui a écrit : "si marcher c'est avancer dans la logique de la vie, moi je préfère voler l'Ancre pour inscrire sur la vierge poudreuse l'existence humaine des mots-dits".