Pierre Souchaud, directeur de la revue Artension, a publié plusieurs articles sur Stani Nitkowski.
Il se souvient :

 
 

En 1985, au début de l’existence d’ARTENSION, je découvris la peinture de Stani à l’occasion d’une exposition à Poitiers de quelques-uns des peintres de Cérès Franco. Ce fut assurément un choc, car je décidai de consacrer un reportage sur lui dans le magazine et d’aller le voir du côté d’Angers.

Après une fin d’après-midi passée dans son atelier, nous décidâmes d’aller visiter son ami Alain Lacoste situé un peu plus au nord en bordure de rivière. Nous y mangeâmes des saucisses, parce qu’on ne l’avait pas prévenu de notre passage et qu’il n’y avait que ça. ( Après palabres sur le fait que, tout de même... on aurait pu l’avertir). Mais qu’importe, nous bûmes pour oublier le problème jusqu’à fort tard.

Fort tard donc, nous quittâmes l'ami Lacoste qui avait à dormir et partîmes dans la nuit pour rentrer chez Stani. C’est alors qu’il suggéra, puisque nous n’avions rien d’obligatoire à faire et aucune envie de dormir, de passer chez Tatin qui était mort depuis quelques années mais dont le Musée se visitait. À deux heures du matin, il était évidemment fermé, mais nous pûmes en faire le tour et admirer les statues à la lumière des phares de la voiture. Le spectacle, accompagné des commentaires de Stani, fut grandiose.

Ensuite, nous allâmes, pas trop loin, visiter la carrière d’ardoise désaffectée, où avait travaillé son père. Un immense trou avec les ruines d’énormes machines , le tout à la lumière des phares et d’une lune au quart d’elle-même. Stani, qui était descendu de ma voiture et avait pris son véhicule à traction manuelle, se mit à virevolter sur l’espace central à peu près plan et horizontal en invoquant, grands gestes à l’appui, les mânes de son père géniteur et de son autre père, spirituel celui-ci : Tatin. C’était, là encore, un grand moment.

Grand moment, inoubliable ... avec, aujourd’hui, ce sentiment ambigu qui fait que j’ai tout à la fois envie d’en parler et de le garder pour moi comme précieux souvenir personnel difficilement partageable.

Pierre Souchaud (15-05-2001)